Tomato Souss

The taxis sea, in Inezgane

We are in the Souss region, in the south of Morroco. Casablanca is 5 hours driving north, Marrakech, 3 hours driving north-east. Welcome to Agadir ! A touristic city with its beach of fine sand, its royal ranches and golf courses. This is exactly what our taxi driver rushes to sell us, using a French tongue that he prefers to Arabic, since he has Berber origins. He presents his region with a dangerous naivety, ensuring that there is no lack of water. It only rains an average of 20mm per month, and all of the rivers that we cross, on this day of June, are totally dry.

The city extends its suburbs for several kilometers because of the economic development of the last 20 years. On the road of the agricultural plain, small trucks full of vegetables (turnips, beets, carrots, …) are crossing each other and walls protecting the crops hide the skyline. Sometimes greenhouses appear, sometimes just their metal skeleton dressed with tattered plastic pieces.

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Regards vers l’intérieur de la Plaine

À l’intérieur de la Plaine du Souss au Maroc, Aziz nous fait visiter la ferme de son oncle. Dans le Douar (village) Essalanhia la “terre” est comme ailleurs en ce début d’été : sèche, aride, pareille à du sable. Tout le système d’irrigation historique est encore en place : un puits de 10 mètres et un bassin et des canalisations en simili-béton parcourent les champs. Avec des jeux de regards, les travailleurs de la terre bouchaient une sortie pour en ouvrir une autre afin d’y guider l’eau. Dans les parcelles, des micro-digues forment des unités de quelques mètres carrés permettant là encore une répartition fine de l’irrigation. Mais ce système n’est plus utilisé. Dans les regards ancestraux les déchets communs partagent le volume avec des restes de tuyau servant au goutte-à-goutte qui a pris le relai. Non loin de la ferme, un moteur de voiture ronronne. Sorti de sa carcasse de R25 d’origine, il est maintenant alimenté au butane … énergie fortement subventionnée par l’État via la caisse de compensation, aujourd’hui largement remise en cause par le gouvernement islamique aux manettes. Une longue courroie fait tourner la pompe plongée dans son puits de plus de 100m de profondeur, seul maintenant en mesure de fournir l’eau nécessaire à la vie. Le bassin est passé de 5m2 à 25m2 et les canalisations historiques ont été remplacées par de longs tuyaux courant sur le sol et aboutissant dans les goutte-à-goutte quadrillant les champs.

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Un jardin sans prétention

Ceci n’est pas un jardin sans prétention. Du fond de ses 7000 m2 de verdure flamboyante, on est loin des surfaces agricoles du Souss qui se comptent en millieurs d’hectares. Pourtant, ce sont des dizaines de cagettes remplies de légumes qui accueillent le visiteur de prime abord. Salades, basilic, radis, betteraves dont les senteurs subtiles s’échappent en cette fin de matinée ; tous s’entassent à l’entrée du jardin en attendant d’être distribués. Pendant que l’œil du visiteur continue sa balade, il découvre ce qui est produit ici, des charrettes défilent et viennent augmenter le nombre des cagettes. Ce sont les paysans des alentours, convertis à l’agro-écologie, qui apportent leur production hebdomadaire. Parce que les 7000 m2 sont en fait 13 Ha que cultivent une quinzaine de producteurs indépendants que le centre de formation Terre et Humanisme a accompagné et soutenu.

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Quand le peuple réclame son droit…

Soulèvement d’un village. Production de riz. Invasion de moustiques et chômage. Répression policière disproportionnée. Jeunes en fuite dans un maquis.

Ce sont ces informations de l’article de Souad Guennoun, membre d’Attac Maroc, qui nous amène à prendre la route vers Chlihat, entre Larache et Ksar El Kebir. Contrairement à ce que nous avons pu observer lors de nos précédentes « balades de campagne », la route est en excellent état : c’est ce qu’il faut pour acheminer la production de “Ribera del arroz”, une société agricole qui produit 60% de la consommation nationale de riz et qui vend également sur le marché international. Nous traversons la forêt d’eucalyptus où se trouvent encore réfugiés quelques jeunes du « douar » (le village en arabe dialectal).

Devant la mosquée de Chlihat (source: Souad Gennoun)

Arrivée dans le village. Nous faisons un premier arrêt  à la mosquée pour retrouver les personnes qui nous accueillent. Aujourd’hui vendredi, c’est le jour de la « jamaa », de la prière, et la mosquée  se transforme en peu de temps en lieu de rassemblement. Après quelques salutations, nous repartons vers l’épicerie du village où nous retrouvons Salim. Les deux pieds nus dans la terre et une pelle à la main, il finit de déblayer l’entrée de son épicerie saccagée la semaine passée. Plusieurs jeunes hommes sont réunis autour de lui, le silence est de mise et les regards scrutent le sol. Ils improvisent un salon et nous font asseoir. Nous faisons connaissance autour d’un verre de Fanta et de quelques banalités. Salim nous rejoint. Il commence à nous raconter son histoire à peine l’installation faite.
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Derrière les portes des serres d’Agadir

Nous apprenons avec deux heures de délai que la direction de Bio Prod (nom modifié, NDLR), une grande société agricole de la Plaine du Souss, près d’Agadir au Maroc, est d’accord de nous ouvrir ses portes. L’occasion est trop exceptionnelle pour la rater. La rencontre avec le directeur financier doit se faire dans les locaux administratifs de la société agricole, dans la plaine du Souss. Celle-ci a été décidée la veille au soir avec Hamid Mahndi, représentant syndical local pour la FNSA/UMT, et nous ne l’avons apprise que quelques heures avant, le temps de sauter dans deux “grands taxis” direction Aït Amira pour 1h30 de trajet.

L'allée fleurie de Bio Prod

Entre la bourgade et les locaux, la mobylette de Hamid slalome entre les nids de poule : les routes sont en mauvais état. Sur les côtés, de très nombreux bâtiments sont à peine entamés, les parpaings défoncés ont à peine été scellés entre eux, les toits sont souvent inexistants. Arrivés devant les grilles de l’entrée, un garde en uniforme nous accueille. L’autorisation lui est donnée, nous entrons. De chaque côté, d’impressionnantes serres de cultures hors-sol, encadrées là encore par des grillages… mais sur lesquels poussent des plantes grimpantes florales multicolores.

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Souss tomates

La mer de taxis à Inezgane

Nous sommes dans le Souss, au sud du Maroc. Casablanca est à 5 heures de route au nord, Marrakech à 4 heures au nord-est. Bienvenue à Agadir ! Ville touristique avec ses plages de sable fin, ses haras royaux et ses golfs. C’est d’ailleurs ce que notre chauffeur de taxi s’empresse de nous vendre, dans un français qu’il préfère à l’arabe du fait de ses origines berbères. Il présente sa région avec une naïveté dangereuse, assurant que la région ne manque pas d’eau. Il ne pleut pourtant que 20 mm par mois en moyenne et les cours d’eau que nous traversons, en ce mois de juin, sont totalement à sec.

La ville s’étend sur plusieurs kilomètres en raison du développement économique de la région ces vingt dernières années. Sur la route de la plaine, les camions débordant de légumes (navets, betteraves, carottes) se croisent sans cesse et des murs barrent l’horizon. Tantôt apparaissent des serres, tantôt leur squelette métallique habillé de lambeaux de plastique.

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Du souk à l’OMC

Tanger. Port de pêche. L’Europe est à l’horizon juste derrière la brume. Fin de journée en mer pour les pêcheurs mais la journée est loin d’être finie : réparation des filets, préparation des hameçons. Les pêcheurs s’affairent sur le quai. Il suffit que nous nous intéressions aux poissons dans une vieille caisse en bois pour que la discussion s’engage, en français, en arabe, en allemand ou avec les mains… Une petite discussion informelle met l’émulation : un petit attroupement se forme, écoute des deux oreilles, et sourit de la situation. Petit cours de biologie marine improvisée : rougets, pageots, merlans, la mer est riche ici, tellement riche que les poissons se jètent dans les filets pour le plus grand bonheur des pêcheurs.

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Alimentons-Nous, alimentons la démocratie

Première pierre de ce projet, le forum Alimentons-Nous, organisé par Minga, JINOV (partenaire direct de l’Archipel) et les Petits Débrouillards, relaie l’initiative de Food Path.

Parce que l’alimentation est ce que l’on partage avec les êtres vivants du monde entier, puisque c’est la base de toutes les organisations humaines, la première pierre de tout régime politique… Et parce que ce sujet est au cœur de l’Archipel, en particulier sur sa partie en Inde. Alimentons-nous, Alimentons la démocratie !

Tierra y libertad !

Cultiver sa terre est un des principes les plus fondamentaux: il permet de se nourrir, soi et ses proches, que cela soit sa famille ou sa communauté. L’agriculture est à ce titre un lien à l’essentiel, ce qui nous rattache à nos besoins au-delà de toutes les envies que l’on s’obstine à satisfaire. Le lien à la terre est donc un lien riche de sens, d’autant plus qu’il est concret : quoi de plus sensible que de plonger ses mains dans la terre ou croquer dans un fruit bien mûr ?

Empêcher quelqu’un d’avoir accès à la terre, c’est donc mettre en péril sa survie et sa dignité à pourvoir à celle de ses proches. Et lorsqu’il s’agit d’un Etat vis-à-vis de ces citoyens, la question de la démocratie se pose inévitablement. Peut-on encore parler de démo-cratie lorsque l’Etat élu par le peuple privilégie des intérêts qui ne concernent pas ses citoyens et qui, même, lui nuisent?

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